« SI QUELQU'UN VEUT VENIR APRES MOI QU'IL RENONCE A LUI-MEME, QU'IL SE CHARGE DE SA CROIX, ET QU'IL ME SUIVE » Mathieu 16,24
Moine rasophore Ignace, pourquoi avoir pris la décision de donner votre vie au Seigneur et de répondre à cet appel missionnaire ? (Interview du 06 avril 2008)
Aujourd'hui, je réponds à cette voix qui en moi dit: "VIENS, QUITTE TOUT ET SUIS MOI" !
Merci au Seigneur de m’avoir accordé la grâce du renoncement.
Que cela est merveilleux d’être dans la main de Dieu et de faire Sa Volonté.
Même les tribulations de la vie et les moments difficiles du passé que je ne maîtrisaient pas me mettent dans la joie.
Car je me rends compte aujourd’hui (à bientôt 30 ans), après cette renaissance, cette résurrection suite à une pneumopathie sévère des deux poumons en 2007 qui a occasionné une
hospitalisation de 3 semaines, dont deux dans le coma, que Dieu a toujours été présent.
Et que dans les moments où je croyais qu’Il m’avait abandonné, Il me portait sur ses épaules.
Vous rendez-vous compte, les médecins prévoyaient ma mort, et je suis toujours là !
Gloire à Dieu pour toutes les merveilles qu’Il fait dans ma vie!
Les derniers examens effectués (explorations respiratoires et tests respiratoires à l’effort ont montré que mes poumons ont récupérés … plus que la normale !!!
Oui, encore un nouveau miracle !!!... Que Dieu est bon avec moi !
J’ai eu la grâce (car pour moi chaque épreuve, chaque souffrance est une grâce car en réalité cela m’a fait grandir, avancer) de vivre une expérience spirituelle sur mon lit d’hôpital : j’étais
dans une paix intérieure que je ne peux exprimer avec des mots.
Je n’avais pas de regret d’être resté sur cette terre et aucun regret de ne pas être auprès du Seigneur.
S’Il avait permis que je reste ici bas, c’est qu’il n’en avait pas fini avec moi, qu’Il avait un plan sur moi.
Et cela me mettais et me mets encore dans une grande joie !!!
J’ai eut à ce moment là des larmes, et cela m’arrive encore.
Oui, mais des larmes qui débordent en raison de la compréhension de l’amour de Dieu pour moi.
J’ai eu une vision avant de sortir du coma.
Alors que j’avais une soif extrême, et par laquelle je prenais conscience de la soif du Christ sur la Croix; je voyais une personne décédée allongée sur un lit et un prêtre orthodoxe était là à
faire les prières après la mort.
J’observais et la sensation de soif qui me faisait atrocement souffrir disparue et laissa place à une paix intérieure.
Je crois que Dieu m’a comblé de cette vision pour me faire prendre pleinement conscience du caractère immortel de l’âme et de la vanité des choses terrestres.
D’ailleurs, la mort n’est-elle pas perçue comme un mystère à l’égal de la naissance ?
Le Seigneur a dit :" Vends tout ce que tu as au profit des pauvres, afin d'avoir un trésor dans le ciel, puis viens et suis-moi" (Mt 19, 21),et :
"Vendez tout ce que vous avez et faites l'aumône". (Lc 12, 33)
N’est-il pas écris « Que ton oui soit oui, que ton non soit non » ?
Sachez que je bois les écris de Mère Gabrielle Papayannis dans l’ouvrage « L’ascèse de l’amour ».
J’y retrouve tellement de points communs !
Je ne peux m’empêcher de vous les faire partager:
1) « Mes enfants, c’est ainsi dans la vie. Nous devons nous mettre en route et n’attendre personne… Viendra-t-il… Ne viendra t’il pas? Dieu ne nous appelle jamais deux-à-deux ou trois-à-trois. Il
nous invite personnellement et à un moment précis. Malheur à nous si nous ne Le suivons pas, le moment venu, attendant un compagnon de route. Nous perdons l’unique chance, le kayros (le temps
propice) ».
2) Mère Marie – son amie française – une ermite qui avait à l’époque 85 ans lui écrit :« Tout ce qui s’est passé depuis lors et jusqu’à aujourd’hui, est, avant tout, à la Gloire de Dieu et un
triomphe de votre Foi… Ainsi, le Seigneur, sur la route des aventuriers-de-Dieu que nous sommes, vous et moi, laisse allumé en permanence le feu vert de l’inébranlable Confiance, malgré les
éteignoirs des prudents et des sages de ce monde… »
3) 24 mars 1954 : Le jour où le Seigneur a rappelé auprès de Lui sa mère. Le jour le plus important, le plus décisif, le plus douloureux. (POUR MOI CE FUT CETTE MORT APPARENTE, LE COMA DANS
LEQUEL LES MEDECINS CROYAIENT QUE J’ALLAIS DEMEURER, CAR ILS ONT MEME INTERROGE MA FAMILLE POUR LEUR DEMANDER L’AUTORISATION DE DEBRANCHER LES MACHINES POUR ME LAISSER PARTIR).Mère Gabrielle
disait : « le jour de notre séparation, le jour de ma crise intérieure a été le jour qui a coupé le dernier lien qui me liait à toute vie normale et matérielle de ce monde. J’étais désormais
morte… pour tous. Le prochain et unique pas qui me restait à faire était celui d’un effort, le : va, vends ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres et le : Suis-Moi ! mais aller où ? Et
soudain, voici la réponse… l’INDE ! (JE SUIS DEJA PARTIS EN MISSION EXPLORATOIRE A MADAGASCAR EN AVRIL 2006 ET QUAND J’AI PRIS L’AVION A TANANARIVE POUR RENTRER EN FRANCE, UNE VOIX INTERIEURE ME
DISAIT QUE JE REPARTIRAIS EN MISSION DANS PEU DE TEMPS , ALORS QUE MATERIELLEMENT CELA N’ETAIT PAS ENVISAGEABLE).= Ce grand bouleversement s’est accompli en elle (TOUT COMME MOI). En une nuit
(POUR MOI 15 JOURS DANS LA NUIT DU COMA) l’Anachorèse, en quelques minutes la Nécrose (la mort de l’ancien « Moi ») (C’EST UNE CHOSE QUE JE SENTAIS REELLEMENT : L’HOMME ANCIEN D’AVANT LE COMA
ETAIT MORT, ET APRES LE COMA J’AVAIS REVETUS L’HOMME NOUVEAU !)
4) Elle allait partir, si c’était vraiment la volonté de Dieu, dans un pays étranger, étrangère parmi les étrangers et ayant pour Guide le Seigneur. (J’OBEIS ALORS AUX ENCOURAGEMENTS A PARTIR EN
MISSION PUISQUE DIEU A BESOIN DE MISSIONNAIRES).
5) « Ce oui » avant de partir pour l’Inde, disait-elle, « a été une étape dans ma vie.
J’avais compris, que je devais, moi aussi, être prête à dire Oui au Seigneur Lui-Même et à tous, toujours ».
6) « Dieu, nous appelle un a un » répétait-elle souvent.
7) H. Virvou lui a dit : « J’ai le sentiment que vous avez le sens de l’Inconnu. Je pense que c’est pour cela que vous ressentez cette force qui vous pousse à vous rendre dans ce pays
étranger».
8) Dieu l’avait envoyée en Inde. Elle ne savait pas pourquoi. Mais ce qui est remarquable, c’est que les Indiens et les Occidentaux qui l’ont connue, ont découvert en elle un tout autre exemple
de vie. Ils ont vu et pris conscience de l’Orthodoxie dans tout son Ascétisme et son Humilité, ainsi que dans la profonde Spiritualité qu’elle sauvegarde depuis tant de siècles. Quel autre «
Missionnaire » s’était-il à tel point identifié avec ceux qu’il servait ? Qui mangeait, buvait, voyageait ou dormait de la même façon ? Qui ? Alors que presque tous les « missionnairisants » de
ce temps, comme les appelait + Géronda Chrysostomos Papasarandopoulos (Premier Missionnaire Grec Orthodoxe en Ouganda), vivaient dans des conditions spéciales là où ils étaient, ils descendaient
dans les meilleurs hôtels, avaient une nourriture particulière et voyageaient avec aisance afin de pouvoir mieux s’occuper de « leurs Noirs » ou de « leurs Indigènes ». Quels « leurs » ? Oui …
mais voilà pourquoi son passage a laissé une telle trace en tous ! Sa Diaconie a été offerte avec humilité et pour cela, elle n’a pas blessé. Elle s’est faite « tout à tous » (1 Cor. 9 :22)… Elle
n’a pas enseigné l’Orthodoxie par des sermons, mais par le « catéchisme du cœur », sans paroles, par l’exemple bouleversant de sa propre vie.
9) Elle disait « Dieu a mené mes pas en Inde. J’étais sans ressources. Pour que je voie Sa Grandeur et Sa Magnificence. Pour que je puisse constater, de mes propres yeux, combien Il prend soin de
nous quand nous nous abandonnons entre Ses Mains ! J’ai vu tout cela pendant ces années où je suis restée en Inde et même aujourd’hui… Pas un instant je n’ai douté ni cessé d’admirer Son œuvre…
»
10) Sa nouvelle vie désormais se basait sur deux axes. Sur la Pauvreté totale et sur le Oui au service de son prochain. (C’EST TOUT A FAIT CE QUE JE VIS ! MERCI A TOI SEIGNEUR).
11) « Jamais je n’ai éprouvé la moindre fatigue en faisant quelque chose pour Dieu. Les autres peuvent penser à plein de bêtises, que je vais tomber malade... ou mourir… Je n’ai rien eu. J’étais
calme et heureuse ». (JE DOIS TOUJOURS GARDER LA CONFIANCE ET QUE LE TRAVAIL QUE J’ACCOMPLIS, LE FAIRE EN PRESENCE DE DIEU : CE QUE JE FAIS).
12) Le 23/10/1957 elle écrit une merveilleuse lettre à Baba Amte (C’EST UNE LETTRE QUI POURRAIT S’ADRESSER A MOI TELLEMENT CELA ME PARLE):« Je sais que derrière chaque chose se cache Sa Volonté.
Qu’elle soit faite … car je sais qu’elle est toujours meilleure que tout ce que l’on peut espérer ou imaginer. Toi, tu le sais mieux que tous… Tu es entre Ses mains, en sécurité. C’est Lui qui te
donnera Sa Force afin que tu puisses faire plus pour Ses Enfants, les Pauvres… Il te donnera la possibilité de faire ton prochain pas ».
13) Comme toujours, elle n’a pas d’argent, pas de toit, pas de travail. Aussi est-elle prête à recevoir toute invitation faite à la Gloire de Son Œuvre. Elle a donc attendue. L’Invitation est
venue de la part d’une des plus riches femmes de l’Inde, une veuve, Smt. Kumundini.
14) Elle disait souvent :
« Tout soupir du cœur, tout désir qui est dans l’Amour de Dieu, le Seigneur sûrement l’exaucera ».
15) Son secours venait du Seigneur, l’auteur des cieux et de la terre (Psaume 120 :2). Car jamais et pas un instant, elle ne s’est souciée d’elle-même. Obéissante, elle Lui laissait le souci de
tout.
Aujourd’hui, je ressens de nouveau résonner cette voie en moi que j’avais à 18 ans:
« VIENS, QUITTE TOUT ET SUIS-MOI ».
Mais à l’époque je n’étais pas prêt à tout quitter pour suivre le Seigneur.
Dieu a respecté ma liberté, et Il a bien rattrapé les choses puisqu’Il m’a conduit là où j’en suis aujourd’hui !!! Merci à toi Seigneur
MOINE RASOPHORE IGNACE
«Ceux qui espèrent en Dieu, renouvelleront leur force, des ailes leur pousseront comme celles des aigles, ils courront sans s’épuiser, ils marcheront sans s’affamer» Isaïe 40 :31
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